Sur la route de Ronda

Sur la route de Ronda

Sur la route de Ronda, Tarifa et Cadix

Ce matin, nous quittons Malaga pour démarrer notre road-trip à travers l’Andalousie en empruntant la route qui longe la mer jusqu’à Cadix. Le littoral qui s’égrenne au fil des kilomères n’est pas extraordinaire en soi mais il comporte une symbolique qui me tient à coeur. A cheval sur la Méditerranée et l’Atlantique, l’axe Malaga-Cadix se pose comme la route du bout de l’Europe, au milieu de laquelle la petite ville de Tarifa défie les côtes marocaines du continent africain, à portée de vue. Nous réservons notre premier stop au petit village perché de Mijas, qui brille de sa blancheur andalouse sur le versant des montagnes de l’arrière-pays. Ses ruelles étroites, ses balcons fleuris, et ses points de vue exceptionnels sur la côte valent le détour, et nous donne envie de pousser un peu plus loin l’appel des villages blancs.

C’est ainsi que nous sommes allés nous perdre dans les ruelles de Ronda, un magnifique village cerné par des petites montagnes et situé à environ 115 km au nord-ouest de Malaga. L’originalité de ce village est qu’il est coupé en deux par une gigantesque et vertigineuse faille géologique. Nous sommes d’entrée de jeu saisis par ses maisons perchées entre d’impossibles falaises et précipices, rendus accessibles par des ponts qui sont par ailleurs de véritables ouvrages d’art. Et notamment le pittoresque Pont Del Tajo qui relie les deux parties du village, la vieille ville et la ville moderne. Nous le traversons à pieds en ayant l’impression d’être au bord d’un canyon qui nous aspire vers le bas. Les vues plongeantes sur le village et au loin sur les crètes montagneuses de la Sierra de Las Nieves sont justes époustouflantes. Tandis que 160 m plus bas, la rivière Guadalevin poursuit son ouvrage et continue d’éroder la gorge profonde. On se sent tellement bien à Ronda que nous décidons d’y dormir dans sa partie musulmane qui somnole à l’ombre des palais aristocratiques et bourgeois.  La Ronda ancienne est secrète et silencieuse. Il y règne une ambiance très particulière et romanesque. Entre ses ruelles tortueuses, ses placettes romantiques et ses maisons blanches au charme désuet, le temps s’est arrêté. Nous y dénichons un super hôtel tout à fait alternatif avec une décoration hallucinante. Des chambres immenses décorées avec goût, qui ouvrent toutes sur une petite piscine originale, des bouts de jardins paysagés reliés entre eux par un labyrinthe de coursives, et même une serre tropicale. Un lieu vraiment étonnant. En plus, le concept « open space » et « open bar » nous invite à nous sentir chez nous. En un mot, c’est l’extase. Cette pépite s’appelle Enfrente Arte.

Le lendemain matin, nous visiterons les magnifiques arènes de Rondas, les plus belles d’Espagne parait-il ! avant de reprendre la route pour Cadix, via Tarifa. Nous passons à proximité de Gibraltar et déjà je ressens l’Afrique qui s’insinue au large à seulement 14 km de là. Nous déjeunons à Tarifa, non loin de l’endroit où la Méditerranée se jette éperdument dans l’Atlantique. Et je ne peux m’empêcher de penser à tous ces migrants africains qui tentent l’impossible chaque jour à Ceuta ou Melila pour rejoindre la terre promise. Nous atteignons Cadix le soir-même, la plus ancienne ville d’Occident, dont le front de mer, le Campo del Sur, nous rappelle étonnamment celui du Malecon cubain de La Havane. Nous y admirons la cathédrale baroque et néo-classique, d’anciennes demeures peintes de couleurs vives et les forteresses qui la protégeait jadis des pirates. Là encore, nous passons en revue trois mille ans d’histoire en lézardant dans les rues de la ville. C’est hallucinant l’histoire de l’Andalousie !

Article Original de http://www.jevoyagedoncjesuis.fr/